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 Kabylie idée de l’autonomie

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Hzaouche
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MessageSujet: Kabylie idée de l’autonomie   27.04.07 16:28

Je voudrais aborder l’idée de l’autonomie et pour une meilleure compréhension de mon exposé, je vais procéder par des écarts qui porteront sur ce qui se passait en Algérie et en Kabylie. L’idée de l’autonomie sous-jacente au combat que menaient les immigrés kabyles au sein du mouvement national algérien, dès les années 1920 jusqu’aux années 1950, et comment celle-ci se recentre progressivement au problème spécifique de la Kabylie.

Lorsque l’on conçoit l’autonomie politique comme mécanisme de pouvoir par la base et pour la base et comme mécanisme de prise en main par une collectivité humaine de son existence et son avenir, on comprend que les enjeux politiques sous-tendant le mouvement national relèvent de la question d’autonomie. Il n’est un secret pour personne que le mouvement national algérien a pris son essor au sein de l’immigration kabyle en France.

Aguerris par les incessantes révoltes contre les colons (1857, 1864, 1865, 1871) et les luttes sociales modernes en France, les Kabyles immigrés déracinés, prennent conscience de leur double exploitation, en tant que colonisés et prolétaires, et entreprennent leur restructuration politique. Voyant leur combat vain auprès du mouvement ouvrier français, ils transforment, en 1926, la section nord-africaine de l’U.I.C. (Union inter-coloniale), créée en 1922 par l’internationale communiste et le Congrès des ouvriers nord-africains de la région parisienne, en une association autonome qu’ils baptisent l’E.N.A. (Etoile Nord Africaine.) Ils lui donnent pour objectif l’indépendance de l’Afrique du Nord et la lutte pour son progrès social. La forte majorité de ses membres fondateurs (5 sur Cool et de ses militants sont Kabyles, au point que Roger Létourneau dit « on aurait mieux fait de l’appeler l’Etoile algérienne ou même l’Etoile kabyle. »

En 1927, lors de l’assemblée générale de leur association, les Kabyles intronisent un arabophone, Messali Hadj, à la présidence. Ce choix jugé de circonstance est justifié par les échecs insurrectionnels de la Kabylie et de celui du combat de la République du Rif dont l’objectif est l’instauration des valeurs fondamentales et historiques de la société berbère : liberté, indépendance et démocratie.

Détenant le pouvoir de la présidence au sein de l’E.N.A., Messali multipliait des contacts, souvent à sa seule initiative, avec le courant arabo-islamiste (Bourguiba, le roi Farouk et d’autres). Il tissa des relations avec Chekib Arslan, qui deviendra son maître à penser politique. Celui-ci le sera aussi d’ailleurs pour les Oulémas qui, rappelons-le, étaient loin de toute idée d’indépendance de l’Algérie.
Avec un tel objectif, l’E.N.A. déclenche une réaction farouche de la part de la France coloniale et la consternation au sein de la mouvance musulmane associationniste.

Après sa dissolution par le pouvoir français, l’E.N.A. se reconstitue sur la base d’un programme plus étoffé et cible l’Algérie. Il se résume ainsi : « l’indépendance totale de l’Algérie, une assemblée constituante élue au suffrage universelle, la confiscation des grandes propriétés accaparées par les féodaux alliés des conquérants, les colons et sociétés financières et la remise de terres confisquées aux paysans. Le respect de la moyenne et petite propriété. Le retour à l’Etat algérien des terres et forêts accaparées par l’Etat français. »

Lors de son assemblée générale du 28 mai 1933, les Kabyles furent élus massivement aux postes de direction, hormis à celui de la présidence laissée ad vitam aeternam à Messali Hadj.
Amar Imache : Secrétaire Général et Directeur en chef du journal El-Oumma (la communauté)
Belkacem Radjef : Trésorier Général
Si Djilani : Directeur du journal El-Oumma

Deux conceptions de la future Algérie indépendante vont s’affronter au sein de l’ENA : Celle de l’arabo-islamisme véhiculé par Messali qui puise ses idées du Coran et de son maître à penser Chekib Arslan. ainsi que celle, prônée par Amar Imache et ses compagnons, qui s’appuient sur les structures sociales, culturelles, politiques et économiques berbères : Lârac en tant que macro-structure et Tajmât (assemblée élue du village) en tant que structure de base. Ces références empruntées à la tradition berbère vont susciter une radicalisation de l’aile arabo-islamiste au sein de l’association et sa suspicion envers tout Kabyle.

De nouveau, en Novembre 1934, l’ENA fut dissoute. Ses responsables sont arrêtés puis libérés quelques mois plus tard. Elle renaît quelques temps après, puis, de nouveau, dissoute par le gouvernement du Front Populaire, avec la bénédiction du PCF (Parti Communiste Français), le 26 janvier 1937. Dans son article paru dans El-Oumma Imache écrit : « Le Front populaire parjure. Le Front populaire a immolé un de ses membres avec l’appui des communistes. » La rupture est désormais consommée entre le Front populaire, le PCF et les dirigeants nationalistes kabyles.

Profitant de l’isolement des kabyles et de la dissolution de l’ENA, Messali approchant de plus près les Oulémas, crée avec son inconditionnel subalterne Abdellah Filali le PPA (Parti du Peuple Algérien). Son programme est ambigu et s’approche de celui des réformistes. Il stipule entre autres ce qui suit : « Le parti du peuple algérien travaillera pour l’émancipation totale de l’Algérie sans pour cela se séparer de la France » et que « L’Algérie émancipée sera l’amie et l’allié de la France ». Les Kabyles le dénoncent, ils trouvent le programme en retrait par rapport à celui de l’ENA. Imache refuse d’adhérer au nouveau parti. Il appelle les militants à « suivre un programme et non à se mettre à la remorque d’un seul homme ».

Suite aux ruptures successives, avec le Front populaire, le PCF, Messali et le combat au nom de l’islam, que mènent les Oulémas contre eux, les Kabyles se voient marginaliser et affaiblis. Désarmés, ils ne peuvent s’opposer au rouleau compresseur du courant arabo-islamiste (Massalisme-Oulémisme) encouragé de surcroît par la France.

Par sa décision personnelle et en dépit de son comité directeur, Messali transfère le siège du PPA en Algérie et va s’installer à Alger.

Le PPA est dissout et réapparaît plus tard en MTLD (Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratique). Le nouveau parti PPA-MTLD (PPA clandestin et MTLD légal) devient un creuset où l’arabo-islamisme est la seule doctrine à suivre et où la cooptation est de rigueur.

L’expérience de lutte des travailleurs immigrés qui rentrent en Kabylie, périodiquement ou définitivement, sera d’un grand apport au mouvement de libération, au niveau politique et organisationnel. Une nouvelle génération de nationalistes berbères (Ali Laimèche et ses compagnons) affluent dans les rangs du PPA-MTL. Elle manifeste ouvertement son intérêt pour la langue et la culture berbères.

La contradiction fondamentale arrimée au mouvement national, d’un côté la suprématie de la pensée unique de l’arabo-islamisme et de l’autre l’affirmation par des Kabyles de l’identité berbère de l’Algérie avec son corollaire de démocratie et d’indépendance, refait surface.

Devant la réticence des dirigeants à reconnaître la langue et la culture berbères, les responsables Kabyles essaient en vain d’insuffler des nouvelles pratiques de fonctionnement au Parti et reposent la problématique de la nation algérienne.

Lors du seul congrès clandestin organisé par le PPA.-MTLD, les 15 et 16 février 1947, deux motions s’affrontent. L’une émanant de la direction du parti se résume à l’historique arrangé du parti et à la justification de sa politique de participation aux élections communales et cantonales de 1937, 1938 et 1939. En revanche, l’autre émanant de la Kabylie, avec ses dix mille adhérents environ sur les quatorze mille que compte le parti (chiffre avancé par Hocine Aït Ahmed), est beaucoup plus critique et mieux élaboré. Dans sa première partie, elle met à nu le fonctionnement anti démocratique du parti (ordre et contre ordre qui ont été donnés à l’insurrection de 1945, participation aux élections sans consultations des militants) et la deuxième partie, elle, porte sur les perspectives idéologiques, politiques et organiques.

Par un jeu astucieux, le congrès dégage un consensus qui entérine : • La création de l’organisation paramilitaire (organisation spéciale : OS) relevant du parti PPA-MTLD. • L’occultation de la définition de la « nation algérienne » • La non-dotation du parti des statuts qui maintient le système de cooptation et qui servira aux adeptes de l’arabo-islamisme, sous la houlette de Messali, pour évincer les nationalistes berbères. • Le maintien de la participation aux élections.

A toutes ces manœuvres insidieuses et anti démocratiques, les Kabyles réagissent, sous la plume d’Amar Imache dans une lettre adressée aux immigrés Kabyles : « Nous vous avons libérés du fétichisme, et vous dérivez vers quelques chose de plus dangereux, encore. Nous vous avons réveillés de l’idolâtrie. Nous vous avons invités à tout voir, tout comprendre, tout contrôler, et vous tombez à genoux en extase devant de nouvelles idoles. Vous osez voir une vertu divine dans les poils d’une barbe. Laissez les jongleurs de foires qui vous offrent les mirages trompeurs. Retournez à la réalité ».

Des événements fâcheux se succèdent en Algérie : • Le 20 septembre 1947, l’assemblée nationale française maintient le statut de l’Algérie comme un ensemble de département français et crée une assemblée algérienne composée de deux collèges (un européen et l’autre musulman.) • Trucage des élections par le nouveau gouverneur général. • Arrestations de militants et de candidats du PPA-MTLD.

La voie préconisée par Messali et sa direction du parti fut un échec en revanche celle de l’insurrection armée se profile.

Pendant qu’en Kabylie et au sein de la fédération de France, les préparatifs d’un déclenchement insurrectionnel s’accélèrent, les arabo-islamistes peaufinent leur stratégie d’OPA sur le mouvement national. Ils créent, en 1948 au Caire, un Comité de libération du Maghreb arabe sous la direction d’Azzam Pacha et du roi Farouk. Les Oulémas réclament la suppression de la chaîne kabyle de Radio-Alger et déclarent dans leur journal « Les Kabyles ne seraient des Algériens à part entière que lorsqu’ils auront cessé de chuchoter ce jargon - leur langue - qui nous écorche les oreilles. » La direction du PPA-MTLD proclame : « l’Algérie est un Etat arabe qui doit se fédérer aux autres Etats de la ligue arabe. »

Les Kabyles réagissent à cette interprétation fausse de l’histoire. La fédération de France avec sa forte majorité kabyle répond par l’intermédiaire de Rachid Ali Yahia, responsable du journal de la fédération, « L’Algérie n’est pas arabe, mais algérienne. Il faut former une union de tous les Algériens musulmans qui veulent lutter pour la libération nationale, sans distinguer entre Arabes et Berbères. (...) Nous dépassons résolument la question raciale. (...) Nous lisons depuis un certain temps dans les journaux, et certains leaders l’ont dit, que l’Algérie est arabe. Non seulement ces propos sont faux, mais l’idée qu’ils expriment est clairement raciste, voire impérialiste... »

Lors de la réunion du comité central du parti tenue en Décembre 1948, Ait Ahmed, responsable de l’OS, présente son rapport (voté à l’unanimité moins une voie, Messali s’est abstenu) dans lequel il rappelle le caractère « algérien » de l’Algérie et les idées « d’indépendance, de révolution et de démocratie qui forment la trame de l’opinion populaire. » Dans le même rapport, il demande de : « convaincre l’Istiqlal de construire moins de mosquées et de médersas, de nous consentir un emprunt et de plaider notre cause auprès de la ligue arabe dont les déclarations de solidarité avec le Maghreb ne manquent pas. »

La fédération de France, soutenue par les responsables de la Kabylie, expose une motion sur la question nationale préconisant l’égalité des langues et des cultures berbères et arabes et rejetant l’idée de l’Algérie arabe et musulmane. Cette motion présentée par Rachid Ali Yahia est votée par 28 des 32 membres que compte le comité fédéral.

La direction du PPA-MTLD crie au scandale et réagit d’une manière violente et indigne : • Dissolution de la Fédération de France • Exclusion des berbéristes • Envoi d’un commando sous la houlette de Abdellah Filali, bras droit de Messali, pour occuper les locaux de la fédération et reprendre celle-ci en main • Des groupes de chocs messalistes, sous la responsabilité de Filali, s’attaquent aux cafés fréquentés par les Kabyles • En Algérie, les renseignements généraux arrêtent tous les responsables Kabyles. Ces derniers sont convaincus qu’ils sont arrêtés suite aux dénonciations. La direction du parti exclut tous les dirigeants kabyles arrêtés, dissout la section de l’O.S. en Kabylie, exclut Hocine Ait Ahmed du Bureau politique et du Comité Central et le remplace par Ahmed Ben Bella à la tête de l’O.S.

A cette campagne de dénigrement et d’épuration orchestrée par les partisans de l’arabo-islamisme, les Berbéristes réagissent par un écrit : « Ils parlent de respect pour toutes les composantes ethniques du peuple algérien, alors qu’en fait, ils privilégient l’élément arabe, ignorant la grande et respectable famille berbère. »

Ainsi la question nationale constituant la contradiction fondamentale de l’Algérie que le mouvement national n’a pu résoudre sera refoulée dans le subconscient collectif kabyle, elle sera omise durant toute la période de guerre de 1954 à 1962, menée sous l’égide du F.L.N. (Front de Libération Nationale), au profit de l’objectif de libération du territoire. Le pouvoir du F.L.N. entraînera les Algériens dans le mirage d’un pays indépendant apportant le bien être pour tous. Il va considérablement réduire les perspectives d’une Algérie démocratique et moderne rivées au combat des Kabyles. Ce dernier se réaffirmera, une fois de plus, dans l’immigration
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Hzaouche
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MessageSujet: Re: Kabylie idée de l’autonomie   27.04.07 16:29

Sur le terrain politico-culturel

Des associations culturelles berbères, en nombre de plus en plus grand, voient le jour. Le combat qu’elles mènent s’inscrit soit dans une perspective mythique de la reconstitution de la Berbérie ancienne, soit s’empêtre dans le cadre de l’Etat Nation algérien.

Sans conteste, durant des années l’Académie berbère (Agraw Imazighen) sera le foyer populaire de cristallisation de la lutte des Kabyles pour la revendication de la culture et la langue berbères. Tout comme lors du mouvement national l’impact des activités de l’Académie sera considérable en Kabylie.

Dans le milieu universitaire, à la rentrée de 1972/73, naissait à l’université de Paris VIII (Vincennes) le Groupe Maghreb, un groupe autonome de travail. L’orientation de son programme d’enseignement de l’histoire de l’Afrique du Nord, va diviser ses adeptes en deux tendances inconciliables qui débouchent sur la naissance de deux groupes de travail : • Sociologie du Maghreb (S.M.) défendant mordicus le panarabisme • Groupe d’études berbères (G.E.B.) défendant la culture berbère. Ses membres seront les étudiants du cours de berbère créé en 1971/72 dans la même université par un militant de l’Académie berbère.

Les membres de Sociologie du Maghreb affirmaient : « Le Maghreb est arabe et rien d’autre, la berberophonie est une pure création du colonialisme et de l’impérialisme pour diviser la nation arabe et la classe ouvrière nord-africaine. » Obnubilés par la culture arabo-islamique, ils mènent, avec l’aide d’autres étudiants arabes, des actions de sabotage du cours d’enseignement de la langue berbère.

Mohia, la coopérative« Imdyazen » et l’A.C.B. (Association Culturelle Berbère) vont être d’un grand apport à la production de la pensée berbéro-kabyle (poésie, chanson, théâtre, revues).

Sur le terrain purement politique

En 1974 se crée le F.U.A.A. (Front Uni de l’Algérie Algérienne) domicilié en France, qui deviendra le R.A.A.F. (Rassemblement pour l’Algérie Algérienne Fédérale), à sa tête Rachid Ali Yahia. Il avance l’idée d’un Etat fédéral de type symétrique. Le schéma structurel proposé comprend : • Un pouvoir central (Etat fédéral) qui représentera l’ensemble du pays et garantira son unité. Il prendra en charge la défense du pays, les affaires étrangères, la monnaie, ... • Deux Etats nationaux (Etats fédérés) qui représenteront les deux communautés nationales, berbérophone et arabophone, chacun veillant avec vigilance sur l’unité de sa communauté.

Chaque Etat national sera fondé à intervenir pour promouvoir un développement général actif et harmonieux de l’ensemble de sa communauté, en symbiose avec l’autre communauté nationale,

Il sera fondé à veiller à l’enseignement de la langue de l’autre communauté nationale dans sa propre communauté, et s’enquérir de l’état de l’enseignement de sa propre langue nationale dans l’autre communauté pour, en cas de négligence et de défaillance, exiger le redressement immédiat de la situation,
Il sera également fondé à veiller à ce qu’un traitement égal et juste soit réservé en matière de culture, de langue et d’éducation aux membres des deux communautés nationales dans les régions à population mixte où qu’elle se situe dans le pays,

Il sera aussi fondé à intervenir activement à l’échelle de sa communauté, en matière de culture, de langue et d’éducation, à prendre notamment en ce qui concerne sa langue nationale toutes les mesures nécessaires en vue de la protéger du danger de l’élitisme et de lui assurer, en étroite collaboration avec le peuple qui en est le créateur et le porteur, un développement dans la consolidation et la préservation de son unité. • Et des Etats régionaux qui représenteront fidèlement et sans exclusive chacun sa région. Chaque Etat régional sera largement compétent en matière de culture, de langue, d’éducation et exclusivement compétent en matière de recrutement et d’organisation des forces de police et en matière de maintien ou de restauration de la sécurité et de l’ordre public dans sa région.

Après sa traversée du désert, le F.F.S. (Front des Forces Socialistes) se restructure autour des Kabyles. Il réapparaît, en Mars 1979, sur la base d’un document intitulé « L’alternative démocratique révolutionnaire à la catastrophe nationale » dans lequel il propose une réflexion approfondie, après avoir esquisser les contours, sur les thèmes d’autonomie personnelle, d’autonomie locale et d’autonomie régionale. Il précise que le peuple doit saisir son destin dans la promotion de ces trois concepts. Il préconise par ailleurs de « revenir aux Djemaas qui ont permis à notre nation et à notre culture de survivre à travers les âges. Les Djemaas devraient jouir de pouvoirs étendus. »

L’ouverture politique de 1989, contrôlée par le pouvoir algérien, offre une marge de manœuvre réduite pour le combat berbéro-kabyle. Les mêmes causes engendrent les mêmes effets. Les Kabyles, qu’ils soient en Algérie ou à l’étranger, vont se ruer dans les deux principaux partis qui, dans leur programme, reprennent les revendications fondamentales berbéristes, le F.F.S. et le R.C.D. (Rassemblement pour la Culture et la Démocratie). Véhiculant la contradiction de « la question nationale », le combat de ces deux partis est voué à l’échec du fait qu’il s’inscrit dans la logique politique d’un d’Etat-nation foncièrement fermé à tout changement. Pour preuve, lors des différentes élections passées, hormis en Kabylie, ils vont essuyer des échecs patents.

Sur le terrain politico-économique

Au-delà des clivages politiques, les associations de villages kabyles en France vont refaire surface. Un mouvement de restructuration est lancé, dès les années 1995, sur des bases modernes avec des objectifs axés sur les besoins actuels de l’immigration et l’aide au développement local en Kabylie. Il est encore à ses balbutiements, néanmoins nombreuses sont les associations qui se sont restructurées, sous la loi 1901 ou de fait comme à l’accoutumée. Des fédérations d’associations se sont formées. Suite à la demande des immigrés, des associations-relais nouvelles se montent en Kabylie et les anciens comités de villages se réactivent, pour investir le terrain socio-économique. Des projets de développement local pour la Kabylie s’entreprennent. Certains se sont concrétisés, d’autres sont hélas restés en l’état. Désormais, les associations de villages passent de la structuration à impact localement étroit à celui de portée plus large.

Tout ce réseau en maturation demeure encore en attente de recrudescence. Faudrait-il encore qu’il soit à la hauteur des attentes de changements culturelles de ses acteurs, à savoir dissiper des pesanteurs véhiculées par l’ancienne structuration. Cependant, des associations ont fait preuve d’un effort de modernisation structurelle et fonctionnelle. Elles ont su mettre en adéquation un fonctionnement pyramidal et le souci de sauvegarder l’horizontalité du débat. Le rôle de la femme qui faisait défaut dans l’ancienne structure est pris en considération en pratiquant la mixité dans les assemblées générales et dans les conseils d’administration. Il faudrait à l’avenir mettre en place des leviers susceptibles d’y impliquer davantage la femme, comme légalement la parité ou d’une manière moins officielle la discrimination positive.

Cette idée authentique et ancestrale exhumée par les immigrés eut un écho retentissant lors des événements tragiques de Kabylie en 2001. Les Ârchs s’en sont inspiré pour leur organisation politique. Même avec leurs relations distendues, elles ont pu répondre à l’appel des Ârchs lors des événements tragiques de 2001. Aux côtés des associations culturelles et politiques, elles se sont mobilisées pour aider leurs concitoyens dans la lutte. Leurs aides s’étaient manifestées par l’envoi de médicaments et d’argent pour les victimes, l’accueil et le suivi des blessés rapatriés en France pour des soins, la sensibilisation de l’opinion internationale par l’organisation de marches, galas, conférences-débat, interventions dans les radios, par des articles dans la presse écrite et la divulgation de l’information par internet.

Conférer une orientation autonomiste au combat des Kabyles. C’est ce qui se manifeste ces dernières années.

La pensée et la lutte du mouvement autonomiste des Kabyles s’inscrivent, dans un premier temps, dans la perspective d’une Algérie à système fédéral de type asymétrique où la Kabylie aura son autonomie large, en attendant le suivi des autres régions, par le phénomène de contagion.

C’est dans ce cadre, au sein de l’immigration, que :

• Un groupe de Kabyles sous l’égide du M.C.B.-France, organise une table ronde pour revoir la problématique berbère et le système d’Eta-nation algérien. Un document intitulé « La question Amazigh - Interrogations actuelles... » est publié. • Salem Chaker préconise, dans ses écrits, une large autonomie pour la Kabylie où la langue berbère sera officielle. • Un groupe d’autonomistes kabyles dont certains créent le C.E.R.A.K. (Cercle d’Etude et de Réflexion sur l’Autonomie de la Kabylie), ont publié, suite à un séminaire tenu à Ecancourt, un document de réflexion intitulé « La Kabylie en débat », dans lequel l’idée d’une autonomie large pour la Kabylie est reprise. • Le M.A.K. crée son antenne, M.A.K.Immigration, pour relayer son combat dans la Diaspora. • Des Kabyles parisiens créent l’U.K.F. (Union des Kabyles de France). • Des associations de villages kabyles en France se restructurent • D’autres associations berbères ou kabyles touchant des activités socioprofessionnelles se créent. Elles focalisent leurs actions sur la communauté kabyle • Des associations culturelles berbères, qui naguère ont un objectif mythique, revoient leur stratégie et la recentrent dans la lutte par régions. Elles introduisent dans leur programme l’option des autonomies régionales pour les territoires berbérophones. • Des militants d’anciens partis politiques à encrage kabyle changent de vision politique et sont prés à revoir leur engagement.

Devant l’obnubilation du pouvoir algérien par l’idéologie de l’arabo-islamique qui engendre de l’obsession à ne pas reconnaître la vérité historique berbère et la diversité culturelle de l’Algérie, les Kabyles sont progressivement acculés à admettre que seule une lutte pour un changement radical du système en place pour l’instauration d’une structure fédéraliste de l’Etat leur permettra de vivre pleinement leur autonomie. Le moment est probablement venu pour toutes ses potentialités kabyles éparpillées dans l’immigration, ayant le souci de contribuer au changement qui permettra à la Kabylie de retrouver son autonomie perdue, de se rassembler, pour coordonner leurs efforts, dans une sorte de Forum de l’immigration kabyle.

Madjid Boumekla

Source: http://www.afrique-du-nord.com/article.php3?id_article=447
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