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 TAKFARINAS À L’EXPRESSION

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Hzaouche
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MessageSujet: TAKFARINAS À L’EXPRESSION   30.04.07 9:34

TAKFARINAS À L’EXPRESSION

«J’ai soif de ma patrie et de mon public»



«La culture n’a pas de frontière. Mais pourquoi pas, la culture amazighe. C’est la culture originelle».


C’est avec beaucoup d’émotion, de nostalgie et d’amour envers son pays et son public d’Algérie que le chanteur amazigh a répondu à nos questions. Rencontré au Café de la musique, au parc de la Villette, à côté de la salle Zénith à Paris, le chanteur a bien voulu nous parler des raisons de l’annulation de sa tournée en Algérie, de son nouveau single prévu pour cet été et de ses concerts aux Etats-Unis et au Canada.

L’Expression: Pourquoi votre tournée prévue pour 2005 a-t-elle été reportée à 2006 et n’a toujours pas eu lieu?
Takfarinas: Permettez-moi d’abord d’exprimer ma douleur et mes sentiments les plus tristes à la suite des attentats qui ont secoué Alger. Comme chaque Algérien jaloux de son pays, j’ai suivi les images de l’horreur diffusées sur les chaînes satellitaires de la planète. L’Algérie et les Algériens ne méritent pas un tel sort. Nous avons toujours été pacifiques. J’exprime ma solidarité et mon soutien à mes concitoyens et envers mon pays. Je suis prêt à aider et à soutenir, à ma façon, mon pays et faire de l’Algérie, la rose la plus belle dans le jardin des fleurs. Je réponds à votre question. Le public me reproche d’avoir négligé l’Algérie. Il se demande pourquoi je chante à l’étranger, mais pas dans mon pays. Ce qui est légitime. Remonter sur scène et retrouver mon public en Algérie, reste mon plus grand souhait. Je suis comme cet orphelin qui a tant besoin de sa mère. (Ndlr, il le dit avec les larmes aux yeux). Je remercie les Algériens pour la confiance qu’ils ont placée en moi. C’est grâce à eux que je me suis fait un nom mondialement reconnu. Je dis souvent que le temps est venu pour partager avec eux tout le savoir-faire que j’ai accumulé dans le monde de la musique, car mon dernier gala remonte à 1990. Pour 2005, j’ai refusé le gala, car je n’étais pas prêt. Donc, on l’a reporté à 2006. Au mois de décembre 2005, je suis rentré en Algérie pour prospecter de visu le terrain afin d’avancer dans le projet de la tournée. J’ai établi un projet à la grandeur de l’Algérie et à l’image de la richesse culturelle algérienne. Mon but était d’organiser une tournée jamais réalisée en Afrique, ni même en Orient. J’ai exposé mon projet aux autorités concernées, qui n’ont pas tardé à l’approuver. J’ai décroché des contrats de sponsoring avec les grands opérateurs économiques en Algérie. Mais, le facteur temps a joué contre moi. Vers la fin de mai, où il était prévu de commencer la promotion de ma tournée, je n’ai conclu aucun contrat. C’était le début de la période estivale, où les entreprises, d’habitude, ont beaucoup de charges et de travail. Il fallait attendre quelques mois pour tout débloquer. Donc, le report s’est imposé.

Vous dites, «report», le projet est-il toujours d’actualité?
Le projet en tant que tel est toujours vivant. Je dis encore que si les conditions sont réunies pour réussir l’événement, je viendrais avec plaisir. Comme je viens de le souligner, le pays a besoin de tous ses enfants, notamment, dans les moments les plus difficiles...

Y a-t-il vraiment un problème d’argent dans cette histoire?
La culture n’a pas de prix. Grâce à mes contacts et le soutien des autorités compétentes, j’ai réussi à décrocher des contrats de sponsoring avec les grands opérateurs économiques en Algérie que je remercie au passage. Le ministère de la Culture allait prendre en charge nos déplacements, tant en Algérie qu’à l’étranger, l’hébergement et tout ce qui est logistique! A mon avis, on ne parle jamais d’argent lorsqu’il s’agit d’un tel événement. J’ai déboursé une somme astronomique pendant les 8 mois que j’ai passés à Alger. Imaginez, la salle du Zénith, où tous les chanteurs rêvent de se produire, je l’ai louée que pour les répétitions. De plus, avec la prise en charge du ministère de la Culture, j’ai accompagné le directeur de production du Festival Printemps de Bourges et le designer de son de la célèbre chanteuse Madonna pour prospecter les stades d’Alger, de Tizi Ouzou, de Béjaïa, de Batna, de Sidi Bel Abbès, d’Annaba et d’Oran. On a monté tout le décor, sauf que le temps était contre moi. Donc, on ne parle jamais d’argent dans un pays aussi super riche comme le nôtre. Une confidence: tout l’argent de la tournée, je l’ai mis au profit des associations des handicapés et des centres culturels. J’allais acheter des livres pour nos bibliothèques. Ce n’est pas pour m’enrichir que je fais la tournée. C’est le plaisir du partage seulement et aussi, pour montrer à tout le monde, qu’on peut organiser des choses grandioses en Algérie. Même les Algériens auraient découvert qu’on peut vivre des soirées de très grande dimension.

Et l’histoire du matériel?
Encore un faux problème. On m’a demandé pourquoi j’allais ramener 18 semi-remorques en matériel de France. Je ne sous-estime pas mon pays, mais la fiche technique de l’Onci ne correspond pas au programme de la tournée. Nos techniciens et ceux de l’Onci ont échangé les fiches techniques. Résultat: l’Onci ne possède même pas 10% du matériel que j’ai prévu. Notre fiche est nettement supérieure à la leur. A titre d’exemple, la plus grande scène dont on m’a parlé à Alger est de 200 m² alors que j’ai programmé deux scènes de 400m². L’Algérie a acheté du matériel, mais où est-il? Pas de maintenance non plus. C’est du jamais vu en Afrique. Le producteur que j’ai déjà cité, m’a confié que même pour l’Europe, c’est très grand. J’allais ramener un matériel d’une valeur estimée à des millions d’euros! Peut-on me donner un matériel d’une telle somme en Algérie? Si la réponse était oui, je n’aurais jamais pris d’autres charges pour rien. J’en ai marre de cette histoire de matériel. Au lieu de m’occuper de la tournée, je me suis retrouvé en plein dans le matériel. J’ai mis deux ans, avec mes collaborateurs, pour monter le concept de la tournée. J’ai programmé quatre dimensions: la dimension scénique (tout ce qui est relatif à la scène), celle de l’image, le son et enfin la danse. C’est la haute technologie. Aux Etats-Unis, au Canada et autres pays européens, je ne traîne pas avec moi tout cela. Le 18 mai prochain, je ferai un grand concert à San Francisco, le 12 juin au Canada, je n’aurai pas besoin de déplacer mon matériel, car ces pays ont le matériel qu’il faut. A signaler que 50% du groupe sont Algériens ayant prouvé leur grand savoir-faire à l’étranger.

L’Algérie vit un grand événement, «Alger, capitale de la culture arabe». Qu’en pensez-vous?
Tout ce qui est culturel est intéressant. Je trouve l’idée formidable pour découvrir les cultures des autres. J’aimerais qu’on organise annuellement des festivités pour que les Algériens puissent découvrir toutes les cultures universelles telles que les cultures chinoise, américaine, indienne et autres. La culture n’a pas de frontière. Mais pourquoi pas, la culture amazighe. C’est la culture originelle. On ne peut pas avancer sans retourner aux sources. On ne sait pas où on veut aller sans savoir d’où on vient. Nous avons notre culture et notre histoire, il suffit juste de la montrer. On doit d’abord faire en sorte à promouvoir notre culture. C’est notre pièce d’identité dans le monde. Le peuple qui n’a pas de culture est un peuple mort.

Un nouvel album?
Là, je suis en studio. Cela fait deux ans que j’ai commencé les enregistrements. Ça sera un seul album ou deux au maximum. Je n’ai pas encore arrêté la date de la sortie. Une fois fait et terminé, il sera sur le marché. J’ai encore du temps. Pour cet été, j’ai prévu un single. C’est tout ce que je peux dire pour le moment.




Tahar FATTANI
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